Nicolas chez les Vikings

Nicolas GouinÀ LA RECHERCHE DES VIKINGS

(Entrevue réalisée par Josée Florent pour FrogRadio)



C’est lors d’un voyage en Islande, au cours duquel Nicolas Gouin, étudiant à l’Université Concordia, accompagnait une équipe de tournage à titre de photographe, que ce dernier développe un intérêt marqué pour la culture Viking.  Les Vikings, dont le nom proviendrait apparemment du mot vika qui signifie aller à l’aventure, sont entre autres reconnus comme étant de curieux explorateurs, d’intrépides guerriers et de redoutables pirates.  La plupart, d’origine scandinave, s’arrêtent d’abord en Angleterre pour ensuite découvrir et coloniser l’Islande.


La curiosité de Nicolas le conduit dans la petite ville de Gimli au Manitoba où vivent encore plusieurs descendants de ce peuple pour le moins fascinant, qui a non seulement marqué notre imaginaire mais également une importante partie de l’époque médiévale.  Il s’y tient d’ailleurs chaque année en juillet, un festival durant lequel on célèbre la culture, l’histoire et l’héritage de ces conquérants.


Nicolas y était et a accepté, lors d’une entrevue téléphonique, de partager avec nous son expérience et de magnifiques images de son périple.  Ces photographies seront introduites dans un film documentaire qu’il a commencé à préparer lors de son voyage en Islande et qui verra le jour d’ici décembre 2010.


Selon toi, que reste-t-il de l’héritage Islandais au sein de cette communauté manitobaine ?

« La communauté Islandaise du Manitoba semble s’être fièrement accrochée à son héritage qui d’ailleurs n’a pas cessé d’évoluer. Lors de mon voyage, j’ai questionné plusieurs Islandais en visite au Manitoba. La plupart croient que les Islandais canadiens sont plus Islandais que le réel peuple Islandais, et ce pour plusieurs raisons. La première étant qu’ils s’accrochent à leur bonne vieille cuisine traditionnelle, délaissée par l’Islande.  La deuxième, parce qu’ils utilisent une langue ancienne, leur vocabulaire n’ayant pas évolué depuis l’arrivée des premiers explorateurs  en 1875 ».


Tu peux nous parler des gens de cette communauté ?

« Cette petite ville isolée démontre un esprit d’appartenance très fort. Les gens sont calmes et chaleureux. Tout le monde connaît tout le monde! J’y ai rencontré des gens exceptionnels. Les Photo: Nicolas Gouinrumeurs voyagent vite et mon arrivée dans le village n’a pas passé sous silence. Même que plusieurs me reconnaissaient dans la rue et les propriétaires de restos eux, insistaient pour que je quitte sans payer souhaitant à leur façon appuyer mon projet!  Cet appui je l’ai senti entier dès mon arrivée et tout au long de mon séjour.  Autre particularité, le cinéma n’étant ouvert que les vendredis et samedis, la majorité des jeunes sont fortement impliqués au niveau de la scène musicale, c’est d’ailleurs l’une des similarités avec l’Islande ou l’on retrouve de petites chorales dans presque tous les villages. La ville de Gimli étant petite, les activités n’y affluent pas comme dans les grandes villes, cela ayant pour effet de stimuler la créativité chez ses habitants ». 


As-tu vécu des situations particulières ou fait des rencontres peu communes durant ton séjour ? 

« OUI! J’ai rencontré un homme surnommé Wild Bill, un guérisseur d’origine native. Il cultive d’étranges plantes et racines qu’il donne aux gens du village pour guérir les infections de la peau ou enrayer les maux de gorge et la grippe. Cet homme m’a raconté de nombreuses histoires concernant ses batailles avec les Islandais. Plus jeune, il était fermier et en pleine forme, fort comme un cheval a-t-il tenu à mentionner. Les Islandais, pour la plupart pêcheurs, aimaient bien se moquer des fermiers. Or, après plusieurs commentaires plus ou moins grivois à son sujet, Wild Bill a décidé de frapper fort, après quoi plus un seul Islandais n’a osé rire de lui ».


Photo: Nicolas GouinComment as-tu vécu l’expérience en tant que photographe et cinéaste ?

« Ce fut merveilleux! Toutes ces rencontres imprévisibles, qui au départ pouvaient sembler banales se transformaient en grands moments d’émotions.  Je débutais souvent mes journées sans trop savoir ce qui m’attendait. Et à la fin de chacune d’elles, je me sentais légèrement plus près de mon but.  C’était épuisant je ne le cacherai pas, mais ce fut une expérience non seulement enrichissante, mais également des plus humaine. Mon moment préféré parmi tant de bons moments, c’est ma rencontre avec un groupe de musiciens avec lequel j’ai créé des liens très solides. Un soir, les membres du groupe m’ont invité sur la scène d’un petit bar local pour jouer (drum) deux chansons avec eux : Karma Police de Radiohead et Where is my mind de The Pixies. Rien de préparé, que de l’improvisation! Ce fut magique comme moment! »


Que retiens-tu de ce séjour à Gimli ?

«  J’ai beaucoup appris sur moi-même et sur ma propre communauté.  C’était étrange pour moi que d’être accepté dans ce petit village aussi rapidement. Ce qui m’a amené à réfléchir sur ce qui se passe ici à Montréal où les gens ont du mal à se saluer.  Jamais avant je n’aurais eu envie de dire bonjour à un inconnu. Et pourtant, depuis mon retour j’ai le bonjour facile! Comme je le mentionnais plus haut, j’ai beaucoup réfléchi et j’aimerais m’impliquer davantage dans ma propre communauté et créer un esprit d’appartenance qui à mon propre sens, est manquant ».


Quels sont tes projets à courts et moyens termes ?

« À court terme : continuer de faire de la photo et poursuivre mon développement dans le domaine par l’entremise de plusieurs projets artistiques et commerciaux. Je souhaite également pouvoir publier un livre qui regrouperait mes meilleurs projets. À long terme : je compte retourner en Islande pour y présenter mon film documentaire et faire connaître aux Islandais, l’existence de la petite communauté de Gimli.  J’irai ensuite au Manitoba le présenter à la communauté de Gimli.  Je souhaite, à travers cet échange culturel, contribuer à resserrer les liens entre ces deux communautés dont le fort sentiment d’appartenance à ses racines a traversé le temps ».


Nous vous invitons à consulter les liens suivants :


Article paru dans l’Interlake Spectator, journal local de Gimli

 

http://eedition.interlakespectator.com/doc/Interlake-Spectator/InterlakeSpectator/2010072901/20.html%20


Site de Nicolas Gouin sur lequel vous pourrez visionner sa galerie photos

 

http://www.nicolasgouin.com/nic/


Pour visionner le premier extrait de son travail en tant que cinéaste:

 

http://www.vimeo.com/14837462 


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